Refermer les pages de novembre

Voici un livre d'une immense beauté. Emprunté au CDI, je me demande bien pourquoi je ne l'ai pas lu
plus tôt. Dans ce roman qui remue tout dans l'âme et le coeur, nous suivons le quotidien d'une famille de
"gitans", installés avec leurs caravanes dans un terrain vague en
bordure d'une petite ville de province. Autour d'Angéline, la
matriarche, forte et souvent dure, ses cinq fils, leurs épouses et toute
une bande de petits, tous très attachants. Un jour, Esther, une jeune
bibliothécaire se présente pour lire des livres aux enfants. Elle va
revenir tous les mercredis, tissant du lien parmi ces exclus, les
amenant à se questionner sur ce qu'ils sont et ce qu'ils veulent être.
Ce microcosme est en fait le reflet d'une société : il y a les doux et
les violents, les amants et les volages, les gagnants et les perdants.
Il y a la vie et la mort. Il y a toutes les facettes de l'amour :
l'amour conjugal, l'amour maternel, l'amour fraternel, l'amour pour son
prochain. Il y a beaucoup de larmes mais aussi de grandes joies. Il y a
surtout une écriture d'une grande force, toute en émotions, qui m'a fait
dévorer ce livre magnifique et même pleurer, ce qui ne m'arrive pas si souvent. Une lecture bouleversante que je
n'oublierai pas.
Grâce et dénuement, de Alice Ferney, Babel, 1997

Offert par Eléonore pour mon anniversaire, ce roman graphique (j'avoue ne pas bien connaître la différence avec une bd, si quelqu'un veut bien me l'expliquer, je suis preneuse ...) nous présente une jeune femme qui part à la rencontre de son passé. L'action se déroule dans les années soixante. Dora est juive, né d'un père hollandais et d'une mère espagnole. Elle n'a pas connu son père, mort en déportation. Avec sa mère, elle a fui au Maroc où elles ont été recueillies et sauvées. Devenue adulte, après avoir vécu en France où elle s'est imprégnée de la cinématographie de la Nouvelle Vague, Dora part sur la trace des souvenirs de son père et d'un peuple encore en lutte, une lutte qu'elle ne comprend pas vraiment mais qu'elle fait sienne. Un beau livre, qui allie un noir et blanc sublime à une grande économie de moyens narratifs. L'auteur va à l'essentiel, en insistant surtout sur les émotions de l'héroïne. Un seul regret, c'est trop court, je n'avais pas envie de quitter ce personnage ...
Aleph-Alif, de Minaverry, Atmosphères, Emmanuel Proust Editions, 2008

Egalement offert par Eléonore, Kyoto Limited Express est un dialogue entre l'écriture d'Olivier Adam et les photos d'Arnaud Auzuy. Un livre qui se lit et se regarde en même temps et qui nous présente une longue déambulation dans Kyoto, ville fascinante, à mi-chemin entre traditions ancestrales et modernité. J'ai été séduite par ce portrait d'une ville qui dessine en creux celui du narrateur, perdu et solitaire, après une terrible perte. Ce roman est en quelque sorte un écho, une variation du Coeur régulier qu'Olivier Adam a récemment publié (ma lecture ici), une réflexion sur le deuil et la reconstruction d'un être. Ce livre m'a également rappelé le roman pour adolescents de Karine Reysset (la compagne de Olivier Adam) Un automne à Kyoto, qui explore des formes narratives similaires (j'en avais brièvement parlé ici). J'aime beaucoup cette idée d'une écriture partagée, d'un thème que l'on décline selon différents regards et sensibilités, comme une trame sans cesse redéfinie et réinventée. J'ai été surprise par la phrase de l'auteur, beaucoup plus longue que sa scansion habituelle, sans doute mue par la visée descriptive de ce texte. Il y a véritablement de la beauté et de la bonté dans ce livre d'où l'on ressort apaisé, malgré une tension quasi palpable qui ne nous lâche jamais.
Kyoto Limited Express, de Olivier Adam et Arnaud Auzuy, Points, 2010
Lundi, la vie



Et à nouveau une semaine qui commence, je ne vois pas les journées passer. Cette vie est un tourbillon. Nous voici presque en décembre. Il fait froid, c'est le marché de noël, les gens ont déjà les bras chargés de paquets et moi je n'ai rien commencé. Je suis quelqu'un de la dernière minute. Mes examens sont dans deux semaines et je n'ai pas travaillé. Je voudrais parfois pouvoir appuyer sur le bouton pause, juste pour prendre le temps de regarder le monde autour avant d'y replonger. Et en même temps, toutes ces jolies choses à l'horizon, tous ces rendez-vous, toutes ces petites croix sur le calendrier, ce serait dommage de passer à côté.
Moustache Titlee offerte par la Gre (une merveille, mille mercis) et des carnets pour ne rien oublier des bonheurs quotidiens.
Pendant la fête








Des rires, des tubes des années 80, des tartes au chocolat, du champagne artisanal, des silhouettes tracées à la craie, des discussions, des bouteilles de rhum, un début de striptease, des retrouvailles, des découvertes, de beaux regards, des cadeaux merveilleux, un seau de pop-corn pour deux, des souvenirs de concerts, des chaussures pour danser, des cigarettes dans la cour, de la laine qui se tricote en 20, des secrets, des pulls rayés du même quartier, des fleurs du jardin, un baby-phone, des surprises, un coucher à 6h00 du mat ... Merci les amis !
( ps : et c'est rigolo mais la première photo me fait penser à toi, Ju* ;-)
En attendant la fête

Un samedi bien rempli parce que ce soir c'est la fête !!! / Porter le collier offert par Stef (il est très beau, merci beaucoup ;-) / Avoir dans les cheveux un très joli hairband en étoiles et liberty offert par ma Maud, merci ;-) / Recevoir des livres bien choisis et de jolies cartes (merci Carole, merci Angélique) / Préparer des tartes toute la matinée (poireaux du jardin du voisin d'en face / vieux lille et bière / pommes-frangipane / chocolat) / Ranger la maison et essayer de lui donner un aspect "clean" (et ça c'est pas gagné) / Attendre mes deux copines venues de loin en espérant avoir le temps de faire un petit tour en ville avec elles malgré le froid / Préparer des playlist pour danser ... Le soir peut venir maintenant. Belle soirée à vous !
Lilly Wood & the Prick






Concert de Lilly Wood & the Prick ce soir à la Lune. Un monde fou dans cette petite salle. La musique qui emporte tout. Un groupe qui a un talent monstre, des pulsations intenses, une chanteuse qui descend dans la fosse, à quelques centimètres de moi. Envie de danser, de sauter, de crier. Oublier tout ce qu'il y a autour. La dernière chanson, acoustique, au milieu du public. Eléonore et moi. Rire aux larmes après, dans la voiture, avec nos souvenirs d'il y a plus de 15 ans. Une chouette soirée. Un très très beau moment.
S'ils passent près de chez vous, allez les voir, vous recevrez ce concert en plein coeur. A la fin, ils dédicaçaient leur album et j'ai rapporté une affiche pour les filles qui sont fans elles aussi (mais il y avait école le lendemain hélas...). Hairband offert par Eléonore, j'adore (et Nili, la chanteuse, m'a dit qu'il était très joli) ! Et un petit coucou à la jeune fille qui est venue me parler à la fin du concert, merci ;-) Je vous laisse avec ma chanson favorite, qu'ils ont jouée, j'étais au 7ème ciel ...
SwEEt drEAms





Le songe est une autre manière de vie et la part de rêve que peut accepter l'esprit est grande.*
Mais parce que certains font tout pour détruire les rêves de quelques-uns, je vous invite à aller signer cette pétition dont Barbara parle ici.
* Phrase tirée de Grâce et dénuement, d'Alice Ferney, je vous en reparle bientôt. / Chaussettes Archiduchesse offertes par Framboise / Merci Céline, Véa, Framboise / Livre de photographies : Purple 3, Summer 1999 (prêté par ma voisine Gaëlle)
Toutes ces années derrière moi et toutes ces autres loin devant

36 ans aujourd'hui, 13140 jours de vie, je ne peux pas le croire ... C'est fou parce que, parfois, j'ai l'impression que ma vie commence seulement maintenant, avec ce nouveau job et les études qui reprennent, avec les enfants qui grandissent et qui font leur chemin de plus en plus sans moi (enfin pas totalement encore ;-), avec moi-même que je suis toujours en train d'apprivoiser. Comme si j'avais encore 17 ans certains jours et pourtant ... Je me rends compte qu'aujourd'hui je suis plus rock'n roll, je m'amuse plus, je sais ce qui me va, je m'accepte mieux, j'ose davantage. Je crois que je suis simplement en train de me trouver. Il m'en aura fallu du temps. J'espère un jour prochain me lancer enfin dans ce projet qui me taraude le corps et le coeur depuis si longtemps et qui me fait encore peur. Je sais que tout est là, en moi, enfoui et que le moment viendra. Petite, je croyais qu'après 35 ans, il n'y avait plus grand-chose, que l'on devenait vieille après, mais aujourd'hui je sais que c'est faux ... Alors, oui, là tout de suite, j'ai pas mal envie de pleurer et de revenir en arrière, j'ai peur de mes rides que je vois s'installer et de mes os qui craquent de plus en plus, mais je me raisonne puisque désormais je suis "une grande fille" et je préfère croire, car j'en ai envie, que pour moi, tout (re)commence aujourd'hui.
Groupie




Quelques clichés un peu flous du concert d'hier soir : le groupe de mon homme et de celui de Soizic en première partie (avec leur rousse chanteuse, G sur la seconde photo mais vous savez qu'il ne veut pas apparaître ici) et Macadam Bazar, le groupe du cousin de G, Martin (au centre) et de ses potes. Si vous avez l'occasion d'aller les voir en concert (ils vont bientôt être en Bretagne, à Paris, puis en Belgique) surtout allez-y. Ils méritent de réussir, ils sont vraiment supers !
What goes through your eyes ?
Vendredi soir, concert de Push up, c'était vraiment excellent, j'ai bien dansé et même un peu pogoté, ça faisait longtemps (et Al j'ai pensé à toi tout le temps, tu le sais, je t'aime fort ma copine ♥). Donc si vous rêviez de savoir qui est le frère de Nata, c'est lui sur la première photo. Le samedi après-midi, avec les filles, nous sommes allées à la rencontre de Benjamin Lacombe (toujours aussi agréable et généreux) qui dédicaçait chez Pages d'encre. L'attente fut longue, mais il y avait plein de copines et aussi une rencontre rigolote ;-). Zoé et Louna étaient plus que ravies de regarder dessiner Benjamin et à vrai dire, elles étaient très impressionnées (Louna ne parlait plus, c'est dire ...) Le soir, il y a eu un petit resto bien chouette tous ensemble, comme l'an passé (il ne manquait que toi ma Gre), merci Soiz. A minuit, j'enchaînais sur la fête d'anniversaire chez notre amie Asmaa, bref une soirée à fond les ballons ! Enfin le dimanche, je suis restée en pyjama jusqu'à seize heures, puis je suis allée chez Eléonore, on a parlé un peu cdi et nous sommes allées voir No et moi, un petit film tout léger certes (très fidèle au livre) mais un film revigorant, plein de bons sentiments, mais pas seulement (4 titres de la BO sont de Stain, un groupe amiénois très chouette), bref cela m'a beaucoup plu (tu avais raison Hélène) ça fait du bien un film comme celui-là, surtout par un dimanche tout gris.
J'aime lire
Une fille avec un arrosoir m'a demandé de citer quinze écrivains qui comptent fort pour moi. Je ne suis pas une grande adepte des tags mais celui-là forcément me parle et me questionne. Quinze écrivains, c'est aussi quinze moments dans une vie. Et on peut être touchée par un livre un jour et ne pas l'être à un autre moment (c'est ce qui m'était arrivé avec Madame Bovary par exemple, lecture détestée en classe de seconde mais tellement fondamentale quand je l'ai relue adulte). Ce n'est pas une recherche très facile, parce qu'à chaque fois qu'un livre me touche vraiment, j'ai le sentiment que je le garderai en moi pour toujours. J'ai essayé de trouver quelques auteurs qui ont joué un rôle dans ma vie à un moment donné. Cela ne veut pas forcément dire que j'ai tout lu d'eux ou que j'aime tout ce qu'ils ont écrit, mais souvent la rencontre avec un de leurs livres a changé mon regard sur le monde ou m'a aidée à grandir. Ce sont eux dont je me souviens (et pourtant il y en a tant d'autres que j'aime aussi ...) mais j'espère toujours que le prochain livre sera l'occasion d'une grande et belle rencontre.
- la Comtesse de Ségur (en tout premier et tout en haut de mon panthéon de petite fille)
- Emile Zola (pour Nana, dont la lecture m'a appris ce que c'est qu'être femme dans ce monde)
- Charlotte Brontë (pour Jane Eyre, un de mes livres chouchous, mon héroïne de roman préférée)
- Paul Eluard (que je lisais au lycée en pleurant et en écrivant des poèmes désespérés à un garçon qui ne m'aimait pas ou qui m'aimait mal, je n'arrête pas de le croiser en ville ces derniers temps, ai-je à ce point changé en 17 ans pour qu'il ne me reconnaisse pas ?)
- Cioran (même époque, même désespoir et le goût pour les citations dont j'étais friande à 20 ans)
- Anouilh (pour la beauté de ses textes, je crois que les plus belles phrases amoureuses viennent de sa plume)
- Yves Simon (auteur que je ne relis plus du tout aujourd'hui mais qui semblait exactement exprimer, à un moment donné, ce que je ressentais et ce que je rêvais de vivre un jour, le grand amour, la passion déraisonnée ... j'ai dû grandir, c'est pas plus mal...)
- Diderot (mes années de fac, l'intelligence et l'humour, la profondeur et la frivolité, le génie à l'état pur)
- Proust (qu'en dire si ce n'est l'enchantement de la lecture de cette phrase qui n'appartient qu'à lui... par contre, après l'avoir lu, j'ai remisé mes velléités de devenir écrivain un jour !!!)
- Nathalie Sarraute (j'ai eu une période très nouveau roman, et Nathalie Sarraute était ma favorite, j'aimais cette vieille dame et son écriture aux pointillés, ce désir de rechercher le mot juste, le mot parfait, que l'on ne trouve jamais ... j'aimais son esprit)
- Christian Bobin (bien qu'athée par-dessus tout, ce qu'il peut écrire de la foi, de la croyance, et surtout son regard si poétique sur les êtres et les choses a tout chamboulé en moi)
- Jane Austen (mon auteur favori de tous les temps, TOUT de la condition humaine figure dans ses romans)
- Olivier Adam (sans doute parce qu'il m'émeut, pour ses yeux bleus aussi, pour l'oeuvre qu'il constitue et qui suit un cours bien précis, pour ce qu'il dit de l'alcool et de la famille et qui fait souvent écho à ma propre vie)
- Dorothy Allison (pour son regard sur l'Amérique et aussi pour ce qui me touche au dedans, l'enfance douloureuse, la violence, la maltraitance, le délaissement parental et toujours cet amour qui survit malgré tout)
- Emmanuel Carrère (l'écriture la plus forte qu'il m'ait été donné de lire, une écriture sèche, froide, à mille kilomètres de moi et qui pourtant me bouleverse comme aucune autre)
Une petite liste que je trouve bancale et étrange mais qui me ressemble pourtant : de la mélancolie, de la tristesse, des héros mal barrés dans l'existence mais une petite lueur au bout de leur chemin, toujours.













